Personne utilisant une chaise comme appui pendant un exercice d’équilibre sur une jambe à la maison
Conseils Fitness 20 min de lecture

Entraînement unilatéral à la maison sans matériel

Apprenez à utiliser les exercices unilatéraux chez vous pour gagner en force et en contrôle, avec des progressions ajustables et une séance sans matériel.

Dans un entraînement unilatéral à la maison, un seul côté du corps assume une plus grande part du travail. Le squat en fente, le pont fessier sur une jambe, la pompe au mur avec appui décalé et la planche latérale en font partie. Une fente arrière classique aussi, même si les deux pieds touchent le sol, car la jambe avant porte l’essentiel de l’effort.

Cette définition est plus utile que la promesse fréquente sur les réseaux sociaux selon laquelle un exercice d’un seul côté va « corriger les déséquilibres ». Le corps n’est pas parfaitement symétrique, et trembler lors d’un premier essai ne constitue pas un diagnostic. L’intérêt pratique est plus simple : le poids du corps redevient exigeant, chaque côté effectue ses propres répétitions et vous travaillez le contrôle dans des positions qu’un squat à deux jambes ne reproduit pas.

La recherche ne présente pas le travail unilatéral comme systématiquement supérieur. Une revue systématique avec méta-analyse de 2025 n’a trouvé aucune différence significative de croissance musculaire entre le renforcement unilatéral et bilatéral. Les gains de force correspondaient surtout au type de tâche pratiqué : le travail unilatéral favorisait la force unilatérale, et le travail bilatéral la force bilatérale (Kassiano et al.). Choisissez donc l’exercice en fonction de la tâche à améliorer, pas parce qu’un camp prétend détenir la « meilleure » méthode.

Ce guide reste dans ce cadre. Ce n’est pas un protocole de rééducation ni un catalogue exhaustif d’exercices sur une jambe. Le guide de surcharge progressive à la maison couvre, lui, la progression d’ensemble. Ici, vous apprendrez à ajouter du travail unilatéral à une routine pour adulte en bonne santé, à progresser sans matériel et à éviter que le côté moins à l’aise transforme toute la séance en improvisation.

Ce qui change quand un côté travaille davantage

Sources complémentaires: Perceptual and Motor Skills; Biology of Sport; Sports Medicine; U.S. Department of Health and Human Services; Medicine & Science in Sports & Exercise; Sports Medicine; European Journal of Applied Physiology; Journal of Strength and Conditioning Research.

Un exercice bilatéral répartit la tâche entre les deux côtés en même temps. Pensez au squat, au pont fessier, à la pompe classique ou à la planche sur les avant-bras. Un exercice unilatéral déplace la majeure partie, voire la totalité, de la demande vers un membre ou un côté du tronc. Il existe un continuum entre les deux. Un squat sur une jambe utilise presque exclusivement une jambe. Dans un squat en fente, la jambe arrière aide encore. Une pompe avec les mains décalées charge davantage un bras sans l’isoler.

Cette nuance compte à la maison parce que le poids du corps ne change pas. Quand le squat classique devient facile, accumuler des répétitions sans fin n’est pas la seule option. Le squat en fente réduit la base d’appui et fait supporter une plus grande part de la masse corporelle à la jambe avant. Un pont fessier sur une jambe rend l’extension de hanche plus difficile sans acheter de barre.

Le travail unilatéral est donc un moyen de régler la charge, mais aussi une compétence motrice. La méta-analyse de 2025 a regroupé neuf études et n’a pas relevé de différence significative d’hypertrophie entre les programmes unilatéraux et bilatéraux. Les données restaient toutefois limitées et les études présentaient un risque de biais modéré (Kassiano et al.). Inutile de remplacer chaque squat par une fente pour gagner du muscle. Il vous faut un exercice assez difficile, reproductible et offrant une marge de progression.

Une méta-analyse de 2022 réunissait 14 études menées auprès de sportifs de 16 à 26 ans. L’entraînement unilatéral a produit de plus grandes améliorations du saut unilatéral, tandis que l’entraînement bilatéral avait l’avantage pour la force bilatérale. Plusieurs autres mesures de performance ne différaient pas significativement (Liao et al.). La population et les tests étaient sportifs ; leurs chiffres ne s’appliquent pas automatiquement à toute personne qui s’entraîne chez elle. Le principe se transpose mieux que les tailles d’effet : l’adaptation dépend de ce que l’on répète.

Dans une routine générale à domicile, mélangez les deux formats. Gardez les mouvements bilatéraux qui permettent un effort stable. Ajoutez un exercice unilatéral s’il résout un vrai problème de programmation : la version bilatérale est devenue trop facile, vous voulez travailler le contrôle sur une jambe ou un côté prend systématiquement le dessus.

Ce qu’une différence entre les côtés peut vous apprendre

Sources: U.S. Department of Health and Human Services; Medicine & Science in Sports & Exercise.

Les écarts entre les côtés sont courants. Une main écrit, un pied entame souvent la montée d’un escalier et les anciennes habitudes sportives laissent des traces. Votre squat en fente gauche peut sembler moins coordonné, ou votre planche latérale droite se terminer plus tôt. Cette observation peut guider l’entraînement. Elle ne prouve pas à elle seule qu’un muscle est blessé, qu’une articulation est mal alignée ou que votre corps doit être « corrigé ».

Une comparaison réalisée à la maison devient utile si vous la standardisez. Gardez le même placement, la même amplitude, le même tempo, le même appui et le même repos des deux côtés. Notez le nombre de répétitions et l’effort ressenti à la fin. Une vidéo peut révéler qu’un côté raccourcit discrètement l’amplitude. Refaites le test un autre jour, après avoir appris le mouvement des deux côtés.

Ne faites pas d’un écart observé pendant une seule séance un seuil clinique. L’équilibre et la coordination changent selon la fatigue, l’attention, le sol, les chaussures et la familiarité avec l’exercice. Même une étude formelle sur un test de force en squat en fente avec pied arrière surélevé a demandé une séance de familiarisation, une charge contrôlée et des mesures précises. Nous sommes loin d’une première fente essayée à côté du canapé (Helme et al.). Un comptage informel donne une information d’entraînement, pas un bilan médical.

Posez-vous plutôt ces questions :

  1. Le même côté conserve-t-il un écart net sur plusieurs séances ?
  2. La technique reste-t-elle comparable, ou un côté réduit-il l’amplitude et utilise-t-il davantage l’appui ?
  3. Y a-t-il une douleur, une perte de fonction, un gonflement, un engourdissement ou un changement soudain plutôt qu’un effort ordinaire ?

Les deux premières réponses servent à programmer. La troisième change la situation. Une douleur persistante ou une perte soudaine de capacité mérite l’avis d’un professionnel de santé qualifié, surtout après une blessure. Ajouter des séries au côté douloureux ne remplace pas la recherche de la cause.

Force, équilibre et transfert vers l’autre côté ne sont pas la même chose

Les exercices unilatéraux ressemblent souvent à du travail d’équilibre parce que la base d’appui est plus petite. Se sentir instable ne rend pas automatiquement l’exercice plus efficace. Si les oscillations empêchent les muscles visés de produire une force utile, posez légèrement les doigts sur un support. Un mur ou une chaise peut rendre le squat en fente plus facile à exécuter correctement, sans lui enlever sa valeur.

Le travail d’équilibre sur une jambe peut améliorer les tâches réellement pratiquées. Une revue systématique de 2022 portant sur 13 études chez des adultes en bonne santé a constaté des progrès après des programmes d’équilibre sur une jambe utilisant des volumes et des progressions variés (Marcori et al.). L’équilibre reste cependant très spécifique à la tâche. Une méta-analyse antérieure a conclu que les progrès sur les tâches entraînées pouvaient se transférer peu, voire pas du tout, à d’autres tests non pratiqués (Kümmel et al.). Être plus stable sur une jambe est utile si cette aptitude vous sert ; cela ne prouve pas que tous vos mouvements ou votre risque de blessure se sont améliorés.

La force possède sa propre spécificité. Un squat en fente contrôlé développe la force dans une position et une amplitude données. Il ne rend pas le squat bilatéral obsolète. Pour mieux vous relever avec les deux pieds au sol ou améliorer votre squat à deux jambes, conservez une part de pratique bilatérale.

Il existe aussi l’éducation croisée : entraîner un membre peut produire un gain de force plus faible dans le membre opposé non entraîné. Une méta-analyse de 2017 a confirmé cet effet controlatéral, dont l’ampleur dépendait en partie du type de contraction (Manca et al.). Le phénomène a des applications dans la recherche clinique, mais ne justifie pas qu’une personne en bonne santé n’entraîne que son côté préféré. Travaillez directement les deux côtés, sauf consigne différente d’un professionnel de santé.

Pour programmer la séance, gardez ces idées séparées :

  • le renforcement unilatéral peut rendre un mouvement au poids du corps plus difficile et améliorer ce mouvement ;
  • le travail d’équilibre améliore surtout les tâches d’équilibre pratiquées ;
  • l’éducation croisée existe, mais un entraînement direct reste le choix le plus simple si les deux membres peuvent travailler.

Des exercices unilatéraux sans matériel faciles à régler

Sources: European Journal of Applied Physiology; Journal of Strength and Conditioning Research.

Moins de points d’appui ne rendent pas un exercice meilleur. Choisissez une variante que vous pouvez répéter dans une amplitude utile sans vous précipiter ni passer chaque répétition à éviter une chute. Commencez avec un support. Retirez-le seulement lorsqu’il n’améliore plus la qualité de la série.

Squat en fente avec appui

Placez-vous dans une position longue et confortable, les pieds espacés de la largeur des hanches plutôt qu’alignés sur une corde. Gardez tout le pied avant au sol. Descendez presque à la verticale en pliant les deux genoux, puis poussez dans le pied avant pour remonter. Touchez légèrement un mur ou une chaise solide si l’équilibre limite les jambes avant l’effort musculaire.

C’est une bonne option de départ pour renforcer le bas du corps, car les pieds restent au sol. Pour progresser, augmentez l’amplitude, ralentissez la descente, marquez une pause en bas ou ajoutez des répétitions. Surélever le pied arrière est facultatif, pas une étape obligatoire.

Fente arrière

Debout, reculez un pied et descendez avec contrôle. Poussez le sol avec la jambe avant pour revenir. La fente arrière vous demande d’entrer et de sortir de la position, donc apprenez d’abord le squat en fente statique si le pas rend le placement irrégulier.

Alternez les jambes pour un travail plus dynamique, ou terminez un côté avant l’autre pour suivre les répétitions avec précision. Gardez assez d’espace pour poser le pied arrière sans chercher une enjambée artificiellement longue.

Pont fessier sur une jambe

Allongez-vous sur le dos, un pied posé assez près pour que le genou reste confortablement fléchi. Gardez l’autre cuisse dans une position voisine, puis montez et redescendez le bassin sans le laisser tourner. Si le bassin pivote ou si les ischio-jambiers se crispent, revenez au pont à deux jambes ou posez légèrement le talon libre.

Ajoutez une pause en haut et ralentissez la descente pour progresser. Ne cherchez pas plus de hauteur en cambrant le bas du dos.

Squat sur une jambe vers une chaise, avec appui

Placez-vous devant une chaise stable et tenez-vous à un encadrement de porte ou à un autre support solide. Envoyez les hanches vers l’assise en gardant le pied d’appui au sol, touchez doucement la chaise puis relevez-vous. Ajustez la hauteur avec des coussins pour que l’amplitude corresponde à votre contrôle actuel.

Ce mouvement est plus exigeant qu’il n’en a l’air. Traitez-le comme un exercice de force, pas comme un concours d’équilibre. Si vous tombez sur le siège ou poussez fort avec le pied libre, rehaussez l’assise et utilisez davantage les mains.

Élévation du mollet sur une jambe

Tenez-vous à un mur, levez un pied et montez sur l’avant du pied d’appui. Marquez une courte pause en haut, puis redescendez jusqu’à poser le talon. Le support permet au mollet de travailler au lieu de transformer le mouvement en test d’équilibre pour la cheville.

Si la version sur une jambe est trop difficile, montez avec les deux pieds puis transférez davantage de poids sur un côté pendant la descente. Pour compliquer l’exercice, utilisez le bord d’une marche uniquement si elle est stable et si l’amplitude supplémentaire reste confortable.

Pompe décalée au mur ou sur un plan de travail

Posez les deux mains sur un mur ou un plan de travail solide, puis décalez légèrement une main vers le bas ou vers l’extérieur. Gardez le corps aligné et descendez entre les mains. Le décalage modifie la part de travail de chaque bras sans exiger une pompe complète à un bras.

Inversez le décalage à chaque série. Quelques centimètres suffisent au départ. Si les épaules tournent nettement ou que le tronc s’affaisse, rapprochez les mains d’une position symétrique ou choisissez une surface plus haute.

Touchers d’épaule et appuis sur un bras

Commencez en planche contre un mur, sur un plan de travail ou au sol. Transférez doucement le poids sur une main et levez l’autre juste assez pour toucher l’épaule opposée. Limitez autant que possible la rotation du bassin et des côtes. Écartez les pieds pour faciliter le geste ; rapprochez-les pour demander davantage de contrôle antirotation.

Cet exercice charge le bras d’appui et le tronc d’un seul côté. Il ne remplace pas un mouvement de poussée. Associez-le à des pompes classiques ou à une autre variante si vous cherchez à renforcer le haut du corps.

Planche latérale

La planche latérale charge un côté du tronc pendant que vous vous appuyez sur l’avant-bras et le côté de la jambe inférieure. Commencez avec les genoux fléchis. Tendez les jambes lorsque l’épaule reste confortable et le corps aligné. De courtes séries bien tenues valent mieux qu’une longue série poursuivie lorsque la hanche s’affaisse.

Si vous devez adapter la position de vos poignets ou de vos épaules, le guide des entraînements maison pour poignets sensibles propose plusieurs façons de répartir la charge du haut du corps.

Progresser sans transformer l’exercice en numéro de cirque

L’American College of Sports Medicine décrit la progression comme une augmentation planifiée de l’exigence à mesure que le corps s’adapte (prise de position de l’ACSM). À la maison, progresser ne demande pas d’ajouter de l’instabilité. Se tenir sur un coussin peut rendre la série plus difficile à finir, mais aussi réduire la force produite. Choisissez une progression qui conserve le but de l’exercice.

Pour la plupart des mouvements unilatéraux, suivez cet ordre :

  1. Rendez le placement reproductible avec un support.
  2. Augmentez l’amplitude que vous contrôlez.
  3. Ajoutez des répétitions dans cette amplitude.
  4. Ralentissez la descente ou marquez une pause au point difficile.
  5. Réduisez progressivement l’appui des mains.
  6. Passez à un bras de levier ou à une variante plus exigeante.

Ne changez pas les six variables en même temps. Si vous augmentez l’amplitude du squat en fente tout en supprimant l’appui, une baisse du nombre de répétitions vous apprend peu de choses. Modifiez un paramètre, gardez les autres stables et comparez les deux ou trois séances suivantes.

L’effort doit guider la série davantage qu’un objectif arbitraire de répétitions. Arrêtez-vous quand la répétition suivante imposerait une perte nette d’amplitude ou de contrôle. Pour un travail axé sur la force, finir avec environ deux ou trois répétitions propres encore possibles offre un point de départ pratique. C’est un conseil d’entraînement, pas un seuil clinique universel. Une personne débutante peut s’arrêter plus tôt pendant l’apprentissage ; une personne expérimentée peut s’approcher davantage de l’échec si le mouvement et l’environnement s’y prêtent.

Les recommandations officielles américaines conseillent aux adultes des activités de renforcement sollicitant tous les grands groupes musculaires au moins deux jours par semaine (Physical Activity Guidelines for Americans). Elles n’exigent pas que chaque exercice soit unilatéral ni que chaque côté ait sa propre journée. Deux ou trois séances pour tout le corps peuvent combiner les deux formats.

Une séance unilatérale complète à la maison

Sources: Perceptual and Motor Skills; Biology of Sport.

Cette séance utilise le travail unilatéral lorsqu’il sert un objectif précis et conserve un mouvement bilatéral pour travailler la poussée avec stabilité. Il faut un mur et, si vous le souhaitez, une chaise solide. Comptez environ 25 à 35 minutes la première fois, car apprendre les placements et changer de côté prend du temps.

Échauffement : deux tours à allure facile

  • Cinq fentes arrière de chaque côté, sur une faible amplitude
  • Six ponts fessiers à deux jambes
  • Cinq touchers d’épaule au mur de chaque côté
  • Vingt secondes de marche avec une pause volontaire sur une jambe

L’échauffement sert de répétition générale. Il ne doit pas dégrader la première série de travail.

Partie principale

ExerciceSériesObjectif de départRepos
Squat en fente avec appui2-36-10 de chaque côté45-75 s après les deux côtés
Pompe classique ou inclinée2-36-1245-75 s
Pont sur une jambe ou avec léger appui2-38-12 de chaque côté45-60 s après les deux côtés
Pompe décalée au mur ou sur plan de travail26-10 par position45-60 s
Planche latérale215-30 s de chaque côté30-45 s après les deux côtés
Élévation du mollet sur une jambe avec appui28-15 de chaque côté30-45 s après les deux côtés

Commencez par le côté qui paraît le moins coordonné et limitez l’autre au même nombre de répétitions propres. Vous répartissez ainsi le travail sans ajouter un volume disproportionné du côté qui manque encore de contrôle. Quand les performances se rapprochent, alternez le côté de départ entre les séances.

Faites cette séance deux fois par semaine pendant trois semaines avant de l’évaluer. La première semaine, stabilisez les placements. La deuxième, ajoutez une répétition quand toutes les séries sont restées propres. La troisième, ralentissez la descente pendant trois secondes sur la dernière série du squat en fente et du pont, ou choisissez la variante suivante si vous êtes déjà en haut de la fourchette.

Pour une séance courte, gardez le squat en fente, la pompe, le pont et la planche latérale. Pour un programme plus long, n’empilez pas simplement d’autres variantes unilatérales. Ajoutez un tirage horizontal si vous disposez d’un matériel sûr, ou consultez le guide sur l’équilibre entre poussée et tirage à la maison pour repérer ce qui peut manquer à une routine au poids du corps.

Quand un exercice plus difficile dégrade la séance

Sources: Sports Medicine; U.S. Department of Health and Human Services.

L’instabilité se confond facilement avec l’intensité. Si le pied cherche le sol pendant toute la série, la jambe risque de ne jamais recevoir un stimulus de force efficace. Utilisez un appui. Force et équilibre peuvent se chevaucher, mais la série a tout de même besoin d’un objectif principal.

Le côté qui paraît le plus fort peut aussi fixer une mauvaise cible. Imaginons que la jambe gauche réalise huit squats en fente propres et la droite douze. Douze répétitions brouillonnes à gauche n’équilibrent rien. Notez huit, faites-en huit à droite et laissez la gauche accumuler de bonnes répétitions au fil des séances.

Tous les petits écarts ne demandent pas davantage de volume. Les variations quotidiennes créent du bruit, surtout avec un exercice récemment appris. Reprenez le même placement sur plusieurs jours avant d’ajouter du travail. Si une différence stable persiste sans douleur, une série facile supplémentaire du côté le moins performant peut être raisonnable. Limitez ce volume et vérifiez à nouveau, plutôt que d’inscrire une compensation permanente dans le programme.

Les mouvements avancés tendent un autre piège. Les pompes à un bras et les squats sur une jambe de type pistol sans appui semblent être les formes les plus pures de travail unilatéral, mais ils exigent beaucoup de force, de mobilité et d’habileté. Considérez-les comme des objectifs possibles, pas comme des prérequis. Les mains décalées, les squats en fente avec appui et les chaises comme cible offrent des étapes bien plus ajustables.

Reste la question du transfert. Les gains d’équilibre sont fréquemment spécifiques à la tâche pratiquée (Kümmel et al.). Pour préparer une randonnée, la course, un sport ou le fait de se relever du sol, il faut aussi des mouvements et une condition physique proches de ces demandes. Tenir plus longtemps sur une jambe ne les couvre pas toutes.

Quand le travail bilatéral convient mieux

Sources: Medicine & Science in Sports & Exercise; Sports Medicine.

Préférez le travail bilatéral lorsqu’il permet de solliciter le groupe musculaire visé avec plus de stabilité et moins de préparation. Une pompe classique se mesure généralement mieux qu’une version très décalée. Le squat à deux jambes peut convenir à une personne qui apprend encore à contrôler la profondeur et le tronc. Le pont à deux jambes peut éviter les crampes des ischio-jambiers pendant l’apprentissage de l’extension de hanche.

Le travail bilatéral fait aussi gagner du temps. Le temps consacré à une série unilatérale double en pratique puisque chaque côté travaille séparément. Avec seulement dix minutes, les exercices bilatéraux permettent parfois de couvrir davantage de schémas. Gardez un exercice unilatéral pour le bas du corps et utilisez des variantes bilatérales ailleurs.

Choisissez selon votre besoin :

Si vous cherchez…Privilégiez…Pourquoi
Plus de difficulté avec un poids fixeUne progression unilatéraleUn côté prend une plus grande part du travail
Une meilleure performance d’un seul côtéLa pratique de cette tâcheLa force suit le schéma pratiqué
Une séance générale rapideSurtout du travail bilatéralLes deux côtés travaillent dans la même série
Un suivi séparé des deux côtésUn exercice unilatéral stableChaque côté produit sa propre mesure
Une stabilité maximale pendant l’apprentissageUne variante bilatérale ou avec appuiLa coordination limite moins la série

Il n’est pas utile de transformer chaque mouvement en exercice unilatéral. Un bon programme utilise chaque format pour une raison claire et garde assez de mouvements stables pour suivre les progrès.

Une prochaine étape facile à mesurer

Sources: European Journal of Applied Physiology; Journal of Strength and Conditioning Research.

Choisissez un mouvement pour le bas du corps et un autre pour le tronc ou le haut du corps. Ajoutez-les à deux séances par semaine pendant trois semaines. Conservez le même placement, notez les répétitions propres de chaque côté et ne changez qu’une variable de progression à la fois.

Si les deux côtés progressent, le programme fonctionne même s’ils ne deviennent jamais parfaitement identiques. Si vous constatez à plusieurs reprises une perte de fonction d’un côté, ou si l’exercice déclenche une douleur vive, un engourdissement, un gonflement, des vertiges ou tout autre symptôme inquiétant, cessez de traiter l’écart comme une question de programmation de l’entraînement et demandez un avis médical qualifié.

Dans un entraînement ordinaire, inutile de chercher un défaut à tout prix. Il faut un mouvement reproductible, un suivi précis et une bonne raison de travailler un côté à la fois.

Articles connexes

Références

  • Kassiano W, Nunes JP, Costa B, Ribeiro AS, Loenneke JP, Cyrino ES. (2025). “Comparison of Muscle Growth and Dynamic Strength Adaptations Induced by Unilateral and Bilateral Resistance Training: A Systematic Review and Meta-analysis.” PMID: 39794667. DOI: 10.1007/s40279-024-02169-z.
  • Liao K-F, Nassis GP, Bishop C, et al. (2022). “Effects of unilateral vs. bilateral resistance training interventions on measures of strength, jump, linear and change of direction speed: a systematic review and meta-analysis.” PMID: 35959319. DOI: 10.5114/biolsport.2022.107024.
  • Manca A, Dragone D, Dvir Z, Deriu F. (2017). “Cross-education of muscular strength following unilateral resistance training: a meta-analysis.” PMID: 28936703. DOI: 10.1007/s00421-017-3720-z.
  • Marcori AJ, Monteiro PHM, Oliveira JA, Doumas M, Teixeira LA. (2022). “Single Leg Balance Training: A Systematic Review.” PMID: 35084234. DOI: 10.1177/00315125211070104.
  • Kümmel J, Kramer A, Giboin L-S, Gruber M. (2016). “Specificity of Balance Training in Healthy Individuals: A Systematic Review and Meta-Analysis.” PMID: 26993132. DOI: 10.1007/s40279-016-0515-z.
  • Helme M, Bishop C, Emmonds S, Low C. (2019). “Validity and Reliability of the Rear Foot Elevated Split Squat 5 Repetition Maximum to Determine Unilateral Leg Strength Symmetry.” PMID: 31524778. DOI: 10.1519/JSC.0000000000003378.
  • Ratamess NA, Alvar BA, Evetoch TK, et al. (2009). “American College of Sports Medicine position stand. Progression models in resistance training for healthy adults.” PMID: 19204579. DOI: 10.1249/MSS.0b013e3181915670.
  • U.S. Department of Health and Human Services. (2018). “Physical Activity Guidelines for Americans, 2nd edition.”

Note médicale

Cet article propose des informations générales sur l’exercice pour des adultes en bonne santé. Il ne diagnostique pas les asymétries, ne prescrit pas la rééducation d’une blessure et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé capable d’évaluer votre historique et vos mouvements en personne.

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